Pourquoi la mode éthique sauve aussi les animaux

Introduction

Le bien-être animal n’est pas ce qui vient en premier à l’idée lorsque l’on achète un vêtement. Et pourtant, l’industrie textile a une grande part dans l’exploitation et la souffrance animale.

Dans le monde de la mode, 5 milliards d’animaux sont exploités et tués chaque année.[1] Rien que pour la fabrication de cuir, 2,29 milliards d’animaux non exotiques ont été tués dans le monde en 2018.[2]

La majorité de ces animaux sont sélectionnés, élevés et tués en masse afin de produire des matières utilisées pour fabriquer nos vêtements. En plus des conditions d’abattage cruelles, les conditions de vie de ces animaux peuvent être tout aussi cruelles et les aménagements pour accueillir ces animaux nécessitent des conditions destructrices des éco-systèmes.

Dans cet article, nous allons voir quelles sont les pratiques et les conséquences de l’exploitation des animaux dans l’industrie de la mode et quelles sont les alternatives à notre disposition.

Avant de commencer, il est important que tu saches qu’il existe un glossaire qui regroupe tous les termes utilisés dans mes articles. Tu peux le trouver ici.

1. L’impact de la mode sur les animaux

Il existe 3 types de matières: les matières naturelles, les matières animales et les matières synthétiques. Nous allons voir dans cette partie les conséquences directes de la mode sur les animaux.

a. Les matières premières

Les principales matières issues des animaux sont le cuir, la laine, la soie, la fourrure, les plumes et les duvets. Certaines de ces matières sont prélevées sur l’animal vivant, d’autres sont des sous-produits issus de l’industrie de la viande et enfin, certains animaux sont élevés et abattus uniquement pour la matière qu’il produit.

Ces 3 pratiques causent majoritairement des exploitations massives souvent non réglementées qui provoquent des conditions d’élevage, de prélèvement et d’abattage causant des souffrances extrêmes pour les animaux. Certains animaux sont même chassés ou braconnés pour leur peau, leur fourrure et d’autres produits utilisés dans la mode. De nombreux scandales ont fait surface ces dernières années dévoilant les souffrances des animaux en élevage intensif pour répondre aux besoins de l’industrie de la mode. Ils sont plumés et dépecés vivants, mutilés, électrocutés ou encore égorgés vifs. Ils vivent souvent dans des conditions déplorables et subissent des violences humaines. Certains sont enfermés sans accès à la lumière du jour, sont battus ou sous médicaments régulateurs.

De plus, afin d’aménager des pâtures pour accueillir les animaux, il faut parfois déforester ce qui nuit à l’équilibre de la faune et la flore locales et augmente les effets du dérèglement climatique. C’est la première cause de déforestation en Amazonie avec 53 millions d’hectares détruits dans le bassin amazonien en 2017.[3]

Mais tout ne se passe pas sur place, des expériences sont menées dans des laboratoires pour isoler des gènes et faire des inséminations artificielles dans les élevages. Ces gènes améliorent les productions de matières animales ou empêchent les maladies. Ce qui créé d’autres problèmes (souvent de santé et de bien être pour les animaux) et contribue à la disparition de certaines races.

c. Les traitements des matières

Une fois prélevées, les matières animales sont traitées et teintes. De même, ces pratiques sont extrêmement polluantes et effectuées dans des pays qui ont de faibles régulations voire aucune régulation. Les eaux locales sont donc sévèrement polluées par des agents toxiques (comme le chrome qui est utilisé pour traiter le cuir). Ce qui rend ces eaux impropres à la consommation pour les humains et les animaux. Les humains vivant près de ces sources d’eau tombent malade à cause de la pollution des eaux et les animaux y vivant sont tout d’abord intoxiqués puis meurent. Certaines rivières sont dite “mortes” car aucune vie animale et végétale ne peut s’y développer à cause de sa toxicité.

Water turn greenish in colour due to pollution.
Frankincense Diala, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons

d. Le transport et l’utilisation des produits

En 2022, 700 000 tonnes de vêtements ont été transportés dans l’Union Européenne par avion.[4] Le fret aérien est le plus polluant des modes de transport bien devant le fret maritime qu’il bat en étant 14 fois plus élevé.[5]

Mais la pollution et la mise en danger des animaux ne s’arrêtent pas lorsqu’il est arrivé jusqu’au client final. En effet, les vêtements traités avec de nombreux produits chimiques les rejettent dans l’eau lors des lavages.

De plus, 54% des fibres textiles sont du polyester, chaque lavage de textile contenant ces fibres libère des microplastiques dans l’eau. Ces microplastiques se retrouvent dans les océans et dans les sols et sont absorbés par les animaux et les plantes ce qui créé intoxications et maladies menant parfois à la mort de ces organismes vivants. On estime qu’une lessive de vêtements en polyester produit 700 000 fibres micro-plastiques.[6]

f. La fin de vie des produits

Enfin, une problématique de taille est le recyclage et la gestion des déchets dans l’industrie de l’habillement. En Europe, 26kg de textiles sont consommés chaque année et 11kg sont jetés. En sachant que seulement 1% des vêtements usagés est recyclé en nouveau vêtement[7], on peut se demander comment sont traités le reste de nos vêtements. Sur la totalité des produits textiles collectés en France (hors vêtements jetés directement à la poubelle ou dormant dans nos placards), 33% sont recyclés et transformés en autres produits textiles (comme des chiffons ou des textiles industriels par exemple). Les 67% restants se divisent 3 cas:

  • 57.9% sont mis sur le marché de la seconde main un peu partout dans le monde
  • 8.6% sont utilisés en tant que combustible souvent pour créer de l’électricité, de la chaleur ou du carburant.
  • 0.5% sont eux détruits car inutilisables pour des raisons de toxicité[8]

Parmi les 57.9% qui sont remis sur le marché de la seconde main, environ 50% partent à l’étranger faute de demande en France. De nombreux pays africains et sud américains achètent ces vêtements. Une fois là bas, les vêtements sont triés et, les vêtements qui sont en bon état, sont revendus sur les marchés.[9] Le reste qui ne peut être revendu termine dans des décharges à ciel ouvert ou est incinéré. Ces décharges à ciel ouvert sont des sources de pollution des sols, de l’air et des eaux ce qui met en danger les habitants ainsi que la faune et la flore locale.

2. Ce que change la mode éthique pour les animaux

Après tout ça, que font les acteurs de la mode pour éviter les pollutions et protéger les animaux ?

a. Abandon des matières animales

De nombreuses alternatives végétales ont vu le jour pour remplacer les matières animales, synthétiques ou les matières végétales trop polluantes (comme le coton conventionnel).

Pour remplacer le cuir animal, il existe des cuirs vegans faits à partir de liège, de pelures de pomme, de feuilles d’ananas et même de champignon.

⚠️ Attention, l’appellation cuir végétal est trompeuse: c’est bien du cuir animal mais traité avec des tanins végétaux. Pour les cuirs sans matières animales, il faut que tu te réfères au cuir vegan.

Il existe aussi le Lyocell, le coton bio, le lin bio, le chanvre ainsi que des laines véganes pour ne citer qu’elles.

Pour savoir comment remplacer vos matières animales préférées en matières végétales, voici un petit tableau.

Matière AnimaleAlternatives Végétales Durables et Vegan
Laine (mouton, mérinos, alpaga, cachemire, mohair)Chanvre, lin, ramie, ortie, lyocell, fibres bananier
Cuir (vache, veau, agneau, chèvre, porc)Piñatex (ananas), cuir de champignon (mycelium), cuir de cactus
Duvet/plumes (oie, canard)Kapok, coton bio, soja (soysilk)
Fourrure (vison, renard, lapin)Ramie, ortie, fibres bananier ou coco
SoieRamie, lyocell, ortie

Les matières végétales citées comme alternatives ont toutes comme objectifs de remplacer les matières animales avec des matières plus respectueuses des animaux. Elles peuvent aussi avoir d’autres avantages comme utiliser moins d’eau, moins de pesticides ou être traitées avec des produits plus respectueux de l’environnement. Ce qui a pour résultat de moins polluer les sols et les eaux ainsi que de moins détruire les habitats naturels des animaux. Bien sûr toutes les matières ne se valent pas. Tu peux consulter ce tableau qui compare les points forts et les points faibles de ces matières végétales alternatives.

MatièrePoints fortsPoints faibles
Coton bio– Pas de pesticides chimiques, utilisation raisonnée d’eau, meilleure gestion des solsConsommation d’eau toujours élevée (même si réduite), terres agricoles importantes
LinFaible eau, peu de pesticides, culture locale souvent, faible impact sur biodiversitéTraitements pour blanchiment et teinture peuvent polluer
Lyocell (TENCEL™)Processus en boucle fermée (peu pollution), fibre biodégradable, bois souvent FSC certifiéConsommation d’eau modérée, énergie utilisée élevée pour processus de fabrication
ChanvreFaible consommation d’eau, quasi pas de pesticides, faible pollution, culture résilientePeut nécessiter un traitement chimique pour assouplir la fibre
RamieTrès peu d’eau, peu de pesticides, fibre résistante et brillanteTraitement chimique nécessaire pour extraction, peu développée industriellement
Ortie textileFaible consommation d’eau, sans pesticides, culture sauvage ou semi sauvageRareté de production, transformation encore artisanale, rendement faible
Fibres bananierRevalorisation de déchets agricoles, quasi pas d’eau ou pesticides supplémentairesTransformation artisanale ou semi-industrielle, disponibilité limitée
Piñatex (cuir d’ananas)Matière recyclée, très peu d’eau et pesticides, impact faible, biodégradableUtilisation de produits chimiques pour finition, faible production à grande échelle
Cuir de champignon (mycelium)Faible eau, pas de pesticides, culture contrôlée sur substrats, renouvelableTechnologie émergente, consommation énergétique potentielle non négligeable
Cuir de cactusCulture très peu gourmande en eau, pas de pesticides, renouvelable, captation CO2Production encore limitée, finition chimique possible
KapokFibre issue de fruit sauvage ou peu cultivé, quasi pas d’eau ni pesticidesFaible rendement, disponibilité limitée
Soja (soysilk)Revalorisation de déchets, production locale possible, faible eau et pesticidesExtraction chimique des protéines, utilisation énergie élevée
Fibres cocoRevalorisation des coques de noix de coco, sans eau ni pesticidesFibres rugueuses, nécessitent traitement chimique pour textile

b. Les labels

Pour accompagner les marques dans leur transition, de nombreux labels existent. Ceux qui nous intéressent le plus encadrent les pollutions ainsi que les matières animales. Le premier label qui assure un vêtement vegan est appelé PETA-Approved Vegan. Il assure qu’aucune matière animale n’est présente dans le vêtement et qu’aucun animal n’a été exploité dans le processus de création, du vêtement. On peut parler ensuite de labels qui vérifient la pollution produite sur toute la chaîne de production des vêtements. Il y a entre autres les labels OEKO-TEX, GOTS, Fair Trade, OCS, GRS etc. Chacun de ces labels garantissent des pratiques réglementées en appliquant des critères plus ou moins stricts.

⚠️ Attention, les labels Better Cotton Initiative (BCI) et Business Social Compliance Initiative (BSCI) ne sont pas reconnus par les acteurs de la mode durable comme des labels fiables. Certains parlent même de greenwashing de la part des marques qui utilisent ces labels.[10]

3. Comment Loaf Of Thread Boutique protège les animaux ?

La mission de Loaf Of Thread Boutique est de créer une mode qui protège au lieu de détruire. Protéger ses travailleurs, les animaux et leurs éco-systèmes. Comment est-ce possible ?

Tout d’abord, mes vêtements sont tous en 100% coton biologique labellisés GOTS (label pour le coton bio), OEKO-TEX (label pour exclure de nombreux produits chimiques) et membre de la Fair Wear Foundation (label pour encadrer les droits des travailleurs). Ils sont aussi vegans labellisés PETA-Approved vegan. Ces labels encadrent les productions de coton biologique et contrôlent la pollution des cultures, encadrent les droits des travailleurs, certifient l’absence de nombreux produits chimiques et de matière animale dans les vêtements.

De plus pour chaque article acheté sur la boutique 1,5€ sont reversés à une association de défense et de protection des animaux.

Tous les produits sur la boutique sont sur le thème des animaux, que tu veuilles ton animal totem ou t’engager pour la cause animale, tu peux faire un tour sur la boutique.

4. Pour conclure

En conclusion, la mode et notamment la fast-fashion est aujourd’hui l’une des industrie les plus polluantes. Elle contribue à la destruction et la pollution des habitats des animaux. C’est aussi une industrie qui exploite, tue et fait souffrir les animaux. Mais nous pouvons changer cela en nous tournant vers des matières plus respectueuses de l’environnement, des animaux et de leurs éco-systèmes. Des labels ont aussi été créés pour protéger et encadrer l’exploitation et la mise en danger des animaux lors de la création de tes vêtements.

Enfin, certaines entreprises sont engagées pour la cause animale et en font une priorité en prenant soin d’éviter toute souffrance liée à la mode et en s’engageant auprès d’association de protection et de défense des animaux.